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Le Syndicat des Cannibales


[Wall]
myna : Pour dire que je suis la première à venir ici.
Monsieur-R- : Vous avez oublié de préciser la cuisson.
Lissadell : C'est un mensonge, j'étais là avant !
Monsieur-R- : Un peu de calme Mes Demoiselles. Chacune de vous, à l'heure convenue, passera à la casserole. [Alors, heureuses ?]
Rivv. : 175.000 cred le blog.
T'as intérêt à l'alimenter de trucs drôles.
Monsieur-R- : Vous voulez dire : d'individus pourvus d'un humour carnassier (ou pas carnassier d'ailleurs) ? C'est dans les papiers, oui.
Lissadell : Genre faut payer pour aller sur le blog. Rivv craque, non ?
Marie : Cher Cousin, nous attendons du nouveau.
J'espère surtout que tu vas bien, peut etre a Jeudi soir.
J't'embrasse
saint canni (bale) : je suis avocate, et je souhaite dévorer tous les avocats français, qui sont si impopulaires. C'est pourquoi, bien que la déontologie française me l'interdise, je voudrais vous proposer mes services pour vous aider à vous débarasser de vos ennemis (repas-banquets) plus faciement.
bien pantagrueliqueme t à vous,
CLS

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[Actualités du Syndicat]
[CA n°2] L'affaire DI#a-Mc/ß-3
ODJ - DI#a-Mc/ß-3 dite "l'Affaire Mathilde".
[CA n°1] Conseil d'Administration - Bienvenue au Syndicat
ODJ - Discours du Président, Missions du Syndicat.

[Petits meurtres admis]

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Ma vie a basculé un 18 octobre à vingt-trois heures cinquante-deux
--> La main tendue
Je ne sais plus comment m'est venu le goût des Hommes. Je me souviens seulement qu'à l'école, j'étais fascinée par les récit de voyage de Magellan, de sa fin tragique, que j'ai connu les mêmes frissons la première fois que j'ai vu le Silence des Agneaux et un orgasme partiel la première fois que j'ai eu du sang dans ma bouche. Seulement, je n'avais que neuf ans, j'ignorais encore le terme d'orgasme mais le plaisir me dictait déjà cette évidence que je ne pourrai pas passer ma vie à me nourrir de mon propre sang.
Ma deuxième révélation a eu lieu peu après mon dix-huitième anniversaire. Monsieur R. et moi-même fréquentions les bancs de la faculté de Droit. Lui ambitionnait de devenir un grand avocat, moi, je n'en avais strictement rien à foutre, je me contentais de l'admirer, de loin. J'espère que tu ne te vexeras pas, mais tu étais beau, jeune, avec tes vingt kilogrammes en moins, tes cheveux courts, noirs de jais et ton sourire carnassier. Mais charmeur. Je ne veux pas savoir le nombre de filles qui ont connu le privilège de subir le rouge appétit de tes lèvres.

Ma vie a basculé un 18 octobre, à vingt-trois heures cinquante deux. Le soleil dormait depuis moins de deux heures et, jeudi soir oblige, le monde grouillant des étudiants nocturnes s'activait entre les petites rues et à l'intérieur des bars-usines, des bars-trinquettes, entre les poubelles pour vomir, sous les sombres porches pour s'embrasser. Une fois de plus, je revenais seule de mon bar préféré, à l'angle de Sainte Catherine et de la Devise. Les nuages s'écartaient de la Lune pour la première fois de la soirée au moment même où je franchissais le cap de la Victoire. Et je l'ai vu, balafré d'un trait de lumière grise, fantomatique, la bouche plus rouge encore que d'habitude, la chemise tachetée de sang, une main dans la sienne... Sans rien au bout. Ma tête a défailli mais mes pieds, eux, m'ont fait tourner dans cette ruelle tangente. Mon esprit a renoncé et ma bouche s'est entrouverte. Il n'y a eu qu'un "Toi ?..." et son regard s'est détendu en un pur délice amical. Mes oreilles ont vaguement entendues que depuis longtemps, il se demandait quand je le croiserai, que depuis la rentrée, il avait repéré cette lueur si particulière dans mon regard, cette manière de décortiquer aussi indifféremment les corps des filles et des garçons pour n'en conserver que la puissance des formes et l'émotion de la chair. C'est alors qu'il m'a tendu sa main (enfin, pas la sienne, celle qu'il tenait dans la main). Elle était encore chaude. Mais c'était comme pousser, pour la première fois, le vrai royaume de la vie.

C'est ainsi que j'ai connu Monsieur R. J'ai raté mon année, la faute aux trop nombreuses escapades nocturnes, j'ai changé de filière tout en restant dans la même université que lui, pour devenir, cinq ans plus tard, responsable des ressources humaines dans une petite entreprise locale. Quelle ironie. 
Ecrit par Isabelle, à 18:34 dans la rubrique "[Petits meurtres admis]".



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